L’achat d’équipement

Ajouté le August 16th, 2007 dans Hardware, Software, La Compagnie par Marc Bourbonnais

Space Ace posait une question il y a deux semaines à propos des équipements que nous prévoyons acheter au démarrage. Je n’irai pas dans les détails aujourd’hui puisque nous sommes en plein magasinage et en négociations. Quelques points que je peux mentionner sur l’achat d’équipement:

Tout doit apparaître dans le plan d’affaires. Le plan d’affaires va passer entre les mains de banquiers, investisseurs et partenaires. Ils vont constamment garder l’œil sur vous. Si vous oubliez de chiffrer les chaises ergonomiques de luxe, vous allez devoir expliquer pourquoi vous devez modifier votre budget initial pour vingt chaises à 800$. Soyez réalistes dès le début. Vous serez en meilleure position avec un coût de démarrage plus élevé qu’avec une planification qui tombe à l’eau.

Soyez vigilant sur la durée des amortissements du matériel informatique. Les comptables vont habituellement amortir les achats informatiques sur 5 ans. Dans cette industrie nous savons très bien que nos stations de travail deviennent obselètes après un an ou deux. On peut très bien étirer ses premiers emprunts sur 5 ans, mais prévoyez des mises à jours ou des remplacements de matériel après deux ans.

Vous ne pourrez pas louer du matériel avant d’avoir une bonne cote de crédit. Votre corporation existe depuis une semaine seulement et vous voulez louer 20 stations professionnelles? Bonne chance.

 … mais la bonne nouvelle : Les immobilisations sont les coûts les plus faciles à financer. Puisqu’elles sont saisissables, vos créanciers peuvent les récupérer si votre entreprise ferme ses portes. (Ce qui n’arrivera pas!) Vos intérêts seront bas puisque le risque est plus faible.

Démontrez une certaine flexibilité et vos créanciers seront contents. Je ne dis pas que vous devriez surestimer les coûts tout simplement pour les baisser durant les négociations, mais si vous avez un plan de secours ou un plan en étapes pour l’achat d’équipement, vous aurez de meilleures chances avec le financement. Les créanciers aiment mieux donner des fonds par tranches sur une période de temps, quelques fois avec des conditions à atteindre.



Tiré de notre plan d’affaires

Ajouté le July 20th, 2007 dans La Compagnie par Marc Bourbonnais

Un collègue de Toronto m’écrivait aujourd’hui à propos de la philosophie d’entreprise de notre future compagnie. J’ai déjà mentionné certains points de notre vision à long terme, mais ses questions traitaient plutôt du type de services que nous voulons offrir et quelle est notre stratégie pour se démarquer dans cette industrie.

  • Les services

Nous avons présenté dans notre plan d’affaires une certaine opportunité pour les effets numériques au cinéma à Montréal. Avec l’expérience de mes partenaires et moi, c’était le choix idéal et spécifier un type de travail précis permet de simplifier le plan d’affaires. Ceci étant dit, nos premières soumissions sont pour des projets de pub télé, donc un bon prospect ne peut pas se refuser. Nous avons été chanceux d’avoir de si bonnes opportunités qui vont certainement nous aider à mettre notre équipe en place rapidement, si nos clients réussissent à obtenir leurs contrats. Il faut être patient.

Notre but n’est pas de sauter sur tous les prospects qu’on voit passer. Mais si le timing est bon et qu’on est sur la même longueur d’onde qu’un client potentiel (c’est d’ailleurs le but d’un « pitch ») alors pourquoi pas? Il y a tout un monde de nouveaux médias à explorer.

  • La différence

Un groupe de professionnels d’expérience qui mettent en place un studio avec un but à long terme vont toujours attirer l’attention, quel que soit le domaine d’affaires. Le modèle « trois gars dans un sous-sol » a été considéré, mais nous avons rapidement réalisé que beaucoup de gens étaient intéressé à ce qu’on pouvait offrir. Nous avons donc pris le chemin opposé : un très grand (et très peu coûteux) local. Déjà nous faisons tourner les têtes. Dès que le bail sera signé je pourrai parler un peu plus de notre studio.

Nous avons aussi une idée pour une structure interne qui pourra favoriser le travail d’équipe tout en fonctionnant avec des artistes spécialisés, le tout soutenu par une base de données dynamique pour les tâches et les éléments. Nous sommes toujours en train de raffiner notre présentation et j’aurai plus d’explications lorsque nous serons satisfaits de notre produit.



Étape I

Ajouté le July 16th, 2007 dans Entrepreneurship, CG Community, La Compagnie par Marc Bourbonnais

Maintenant que ce blogue est apparu sur xsibase.com et que le trafic a augmenté de 800%, (heu, bonjour à tous) je peux peut-être prendre un peu de recul et faire le point sur notre démarrage.

  • Nous sommes trois partenaires. Il y a Vincent Toussaint, moi-même et un 3e partenaire qui sera annoncé très bientôt, probablement ce week-end. Nous avons tous plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des effets numériques et nous nous connaissons depuis très longtemps. Nos forces et notre expérience sont bien différentes et plus important, très complémentaires.
  • Le plan d’affaires a nécessité plus de 4 mois de rédaction. Les réécritures sont courantes lors des dernières étapes de financement, lorsque les investisseurs potentiels font leur apparition à quelques jours d’intervalles. Une chance que nous sommes habitués aux multiples versions dans cette industrie!
  • Deux contrats potentiels sont toujours sur la table, avec d’autres possiblement bientôt. Nous avons un bureau d’avocats, un bureau d’experts-comptables, quelques prêts gouvernementaux et tout juste assez de soutien de la part des banques. Nous sommes en négociation pour un bail commercial à long terme pour une énorme superficie. Oui, incorporer le nom de la compagnie prend beaucoup de temps, mais dans quelques jours nous serons officiellement en affaires.

Quelques astuces que j’ai apprises sur le tas :

  • Dès que vous recevez une forme de reconnaissance (habituellement une subvention ou un prêt gouvernemental) les choses vont vites. Plus de gens s’intéressent à votre projet parce que quelqu’un, quelque part a considéré votre idée.
  • Il vous faut absolument un soutien professionnel de qualité (avocats, comptables, gestionnaires) pour calmer les banques et les investisseurs. Il vous faudra magasiner pour des gens que vous allez payer 200$ l’heure. Faites en sorte qu’ils vous offrent le cappuccino lors de votre première rencontre.
  • Les gens sont bien contents de discuter avec des entrepreneurs qui ne viennent pas du monde des affaires. Si vous pouvez parler de votre travail avec des étincelles dans les yeux, c’est dans le sac. A tout coup.
  • Visibilité, réseaux, contacts. Criez votre projet dans les rues. Rédigez un blogue! Les gens vont éventuellement s’intéresser à votre projet, mais encore faut-il qu’ils en prennent connaissance.
  • Soyez patients, Soyez optimistes. Vous êtes aux commandes et vous devez emmener des gens avec vous. Au-dessus de tout, ne perdez pas de vue votre but. C’est un très long périple, et vous ne pouvez pas manquer de souffle ne serait-ce qu’un instant.


Comptabilité

Ajouté le July 5th, 2007 dans Entrepreneurship, La Compagnie par Marc Bourbonnais

Un autre professionnel essentiel pour un démarrage d’entreprise: le comptable. Ce service peut être séparé en deux catégories :

  1. Conseils de fiscalité et contrôles financiers;
  2. Tenue de livre et paies.

Les investisseurs et les banques vont exiger #1 pour travailler avec vous. Bien sûr, ces fiscalistes sont plus coûteux, mais comme avec les avocats, le prix est gage de tranquillité d’esprit. Puisqu’une bonne relation de confiance et de compréhension doit exister, le magasinage pour une firme d’experts-comptables doit inclure des discussions sur votre plan d’affaires, vos buts futurs et votre philosophie d’entreprise. Tous les candidats que j’ai rencontrés sont des professionnels compétents et connaisseurs. Il s’agit de trouver celui qui est franchement intéressé à votre projet. Cette même personne sera une source de nombreux conseils, il faut donc faire un choix judicieux. Encore une fois, les recommandations de vos proches sont primordiales.

Dès que la Compagnie sera incorporée, le comptable prendra en charge la mise en place du compte de banque corporatif, les perceptions des taxes et la structure de tenue de livre. Ce qui nous amène au #2. Un commis-comptable peut être engagé pour une journée par semaine pour commencer, si vous n’avez pas trop d’employés. Plusieurs pigistes travaillent selon cet horaire avec un nombre limité d’entreprises. Il n’est pas trop difficile d’en dénicher un qui fait l’affaire.

Après quelques jours et beaucoup de coups de téléphone, le meilleur comptable pour ce projet est maintenant trouvé. Si seulement l’incorporation pouvait se finaliser…



Ce que mon plan d’affaires m’a dit

Ajouté le June 7th, 2007 dans Entrepreneurship par Marc Bourbonnais

Pour bien démarrer une future entreprise d’effets numériques, environ 150 heures de travail nocturne étalées sur plusieurs mois ont été nécessaires pour la rédaction de mon plan d’affaires. Je ne croyais pas les nombreuses références qui spécifiaient que plus de 100 heures sont indispensables pour réaliser un document du genre; elles disaient la vérité. Mon document est complet, excepté les tableaux budgétaires qui seront confirmés avec l’aide d’experts-comptables. Le travail a moins de 20 pages, sans compter les tableaux financiers. J’ai gardé le texte au strict minimum, comme je l’aurais fait pour mon C.V. avant une entrevue. Ce n’est pas un roman, et les gens qui ont à le lire ont l’habitude de passer à travers plusieurs documents du genre à tous les mois. Mieux vaut être clair et concis.

 Le plus fastidieux dans ce travail est la présentation de données vérifiées pour soutenir les thèses de marché que l’on veut démontrer. Après un peu de recherche, j’ai pu dénicher deux statistiques très intéressantes :

  •  Le U.S. Department of Labour prévoit une augmentation de près de 40% du nombre d’artistes et spécialistes numériques entre 2004 et 2014;
  • Statistiques Canada a recensé une augmentation de 20% du nombre de compagnie de postproduction numérique en 2005, après un taux constant durant quelques années.

 Avec de tels chiffres à l’ouverture, la présentation du plan d’affaires débute sur une excellente note. On ajoute à ça quelques articles de journaux complémentaires: 

  • L’état de l’industrie du cinéma à Montréal, maintenant avec la fin des conflits syndicaux;
  • L’énorme boom des entreprises en jeux vidéo de la province;
  • La nouvelle folie pour les projections numériques et 3-D aux États-Unis.

 Le plan d’affaires a été révisé après chaque présentation officielle. Il a toujours été bien reçu. Les commentaires qui ont suivi chaque prestation m’ont permis de peaufiner le texte encore plus. Le secret est d’être franc et passionné. D’entrée de jeu, mon audience a toujours su que j’étais un professionnel bien établi dans le domaine, tout en étant peu expérimenté dans le monde des affaires. Tenter de me faire valoir comme un homme d’affaires aurait été une grosse erreur. Avec assez de passion (et la promesse de s’entourer de comptables, avocats et fiscalistes pour soutenir l’administration) et d’honnêteté on peut vraiment impressionner les gens. Dans le pire des cas, on se faire dire ‘non, merci’ et c’est tout.

 Maintenant je me prépare à une dernière ronde de recherche de financement, cette fois-ci chez les institutions financières.(ouch) Ça ne sera pas si simple, mais avec le travail déjà accompli je suis secondé par de petits investisseurs et les deux paliers de gouvernements. Je peux maintenant m’asseoir devant un banquier sans sourciller.

Bon, peut-être que mes mains auront la tremblote.



Étape 1 : Planifier le plan d’affaires

Ajouté le June 6th, 2007 dans Entrepreneurship par Marc Bourbonnais

Une des premières étapes dans cette nouvelle opération a été la rédaction d’un plan d’affaires. Pour les apprentis en entrepreneurship (ce qui était mon cas il y a quelques mois) on pourrait croire qu’il s’agit d’une simple liste bien ordonnée d’étapes à réaliser, mais il s’agit d’un document beaucoup plus complet. Il représente la carte d’affaires de l’entrepreneur et c’est la seule façon de rencontrer les banquiers, gouvernements et partenaires potentiels. On peut trouver des tonnes d’informations sur Internet à propos du plan d’affaires, justement sur les sites bancaires et gouvernementaux. Certains sites moins formels traitant du monde des affaires sont une mine d’or de trucs et conseils. Voici certains de mes préférés (en anglais), avec quelques textes portants sur les plans d’affaires :

  • Seth Godin est une autre sommité de la blogsphère. Il est l’auteur de plusieurs livres sur le marketing et rédige un blog au look très sobre sur les carrières, les entreprises et le marketing.
  • Penelope Trunk donne des conseils sur les carrières et ses textes apparaissent dans le Boston Globe, Yahoo! Finance et plusieurs autres publications. Son blog est actif depuis 2001.
  • 8 outdated notions of entrepreneurship
  • Robert May est l’auteur de Businesspundit et ce blog est rempli de commentaires incisifs sur le monde corporatif. Un peu fort sur le jargon financier, mais une autre excellente source d’information.

Grâce a ces conseils et beaucoup, beaucoup de recherche, j’ai pu rédiger un plan d’affaires complet pour mon démarrage d’entreprise qui m’a aidé à rencontrer quelques sources de financement et partenaires potentiels. Même les opportunités qui ne se sont pas concrétisées sont devenues de sympathiques entretiens avec des gens influents du monde des finances, de l’administration et même de la production. Au prochain texte j’apporterai certains détails sur les résultats.